Leïla Bekhti, Rencontre…

leila bekhti
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Leïla Bekhti a une beauté profonde dont elle ne joue pas, mais qu’elle souligne avec subtilité : un trait noir sur les yeux et un rouge-prune parfait posé sur les lèvres. On la voudrait fragile, il lui arrive d’être juste hésitante. Avec une voix à la note joliment « rock’n’roll », elle nous reçoit, lors de sa présence au Festival du Film de Colmar, à l’hôtel Le Colombier.

 

Rencontre avec une jeune icône virevoltante, à l’image des deux magnifiques colombes brodées sur son épaule.
Elle avoue, avec gourmandise, quelques escapades à Strasbourg où elle rejoint de la famille. Elle parle d’ailleurs avec beaucoup de douceur et de bienveillance de ses proches, une sœur traiteur et une belle-sœur décoratrice d’intérieur, dont elle admire « le goût des belles choses » et la « créativité ».

Elle n’est pas ambivalence, mais dualité assumée. Un grand étoilé ou une winstub boisée ? Elle ne s’interdit pas une grande table, mais elle déclame son amour pour « la cuisine traditionnelle », pour « la simplicité ». Et pourtant, elle s’est construite d’audaces : « Je ne m’attends à rien pour ne pas être déçue, comme ça j’ai de belles surprises et quand ça ne va pas, je pense aux bons moments et ça me fait tenir. La prudence, c’est bien, mais tu peux passer à côté de plein de choses, de belles choses ».
Elle parle de son métier comme d’un risque « heureux ». « On ne sait pas ce que les choses vont donner, mais le plus important pour moi est de savoir, au moment où je fais quelque chose, pourquoi je le fais ». Elle lève le voile sur la part d’intime qu’elle pose sur scène et répond très directement : « L’idée qu’un personnage soit loin de moi, j’adore ! Jouer ce que je suis dans la vie me fatiguerait, la chose qui est la plus intime, c’est la relation qu’on a avec son personnage.  Je n’ai pas de mal à redevenir moi, mais pendant un tournage, je suis et je vis mon personnage ». « L’intimité que je partage elle est là, je n’aime pas les gens publics qui scénarisent leur propre vie ».
En référence aux 1000 ans des fondations de la cathédrale de Strasbourg, elle évoque ses 31 ans et « l’envie d’être optimiste, le besoin d’espérer, de rêver… », loin de tout individualisme. Et pour le prochain millénaire ? Le monde selon Leïla sera « humaniste ! » ou ne sera pas.

Propos recueillis le 17 octobre 2015, par Fatiha Kritter-Rachedi

Site Internet de sa sœur décoratrice

Festival du film de Colmar


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